Cabinet Etelbert
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CABINET ETELBERT

Viol/agression sexuelle

Domaine d’intervention

Viol / agression sexuelle

Comprendre le viol et l’agression sexuelle en droit pénal français

L’essentielMis à jour en octobre 2026
Définition
Constitue une agression sexuelle tout acte sexuel non consenti (article 222-22 du Code pénal). Le viol est un acte de pénétration sexuelle ou un acte bucco-génital non consenti (article 222-23).
Peines
Viol : quinze ans de réclusion criminelle, vingt ans avec circonstances aggravantes. Autres agressions sexuelles : cinq ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende.
Juridiction
Le viol est jugé par la cour criminelle départementale, ou par la cour d’assises en appel et en cas de récidive.
Prescription
Vingt ans pour un viol sur majeur ; trente ans à compter de la majorité pour un viol sur mineur.

Le viol et les autres agressions sexuelles font partie des infractions les plus graves du droit pénal. La loi du 6 novembre 2025, entrée en vigueur le 8 novembre 2025, a profondément modifié leur définition en plaçant l’absence de consentement au cœur de l’infraction. Qu’il s’agisse de défendre une personne mise en cause ou d’accompagner une victime, ces procédures exigent une grande rigueur, du dépôt de plainte jusqu’au procès.

La nouvelle définition fondée sur le consentement

Selon l’article 222-22 du Code pénal, constitue une agression sexuelle tout acte sexuel non consenti commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur. Le texte précise ce qu’est un consentement valable :

Libre et éclairé : il est donné par une personne en capacité de l’exprimer, libre de toute coercition et consciente de ce à quoi elle consent ;
Spécifique et préalable : il porte sur un acte précis et doit exister avant cet acte ;
Révocable : il peut être retiré à tout moment.

Le consentement est apprécié au regard des circonstances. Il ne peut pas être déduit du seul silence ou de la seule absence de réaction de la victime, par exemple lorsqu’elle est endormie, inconsciente, sous emprise ou en état de sidération. Il n’y a jamais de consentement lorsque l’acte est commis avec violence, contrainte, menace ou surprise, quelle que soit leur nature. L’infraction est constituée quelle que soit la relation entre l’auteur et la victime, y compris au sein d’un couple marié.

Viol et agression sexuelle : quelle différence ?

Le viol : c’est tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, ou tout acte bucco-génital ou bucco-anal, non consenti. Le viol est un crime.
L’agression sexuelle : c’est tout autre acte sexuel non consenti, sans pénétration, par exemple des attouchements. L’agression sexuelle est un délit.

Les peines encourues

Viol : 15 ans de réclusion criminelle.
Viol aggravé : 20 ans de réclusion criminelle, notamment lorsque la victime est mineure ou particulièrement vulnérable, lorsque l’auteur est un ascendant, un conjoint ou une personne ayant autorité, lorsque les faits sont commis à plusieurs ou avec une arme, ou après avoir administré une substance à la victime à son insu.
Viol ayant entraîné la mort : 30 ans de réclusion criminelle ; la réclusion criminelle à perpétuité lorsqu’il est accompagné de tortures ou d’actes de barbarie.
Agression sexuelle : 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende, portés à 7 ans et 100 000 €, puis à 10 ans et 150 000 €, selon les circonstances aggravantes.

Des peines complémentaires peuvent être prononcées, en particulier le suivi socio-judiciaire avec injonction de soins. La condamnation entraîne en principe l’inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS).

Les règles propres aux victimes mineures

Depuis la loi du 21 avril 2021, tout acte de pénétration sexuelle ou tout acte bucco-génital commis par un majeur sur un mineur de moins de 15 ans constitue un viol, puni de 20 ans de réclusion criminelle, sans qu’il soit nécessaire d’établir l’absence de consentement, dès lors que la différence d’âge entre eux est d’au moins cinq ans. Le seuil est porté à 18 ans en cas d’inceste. Les autres atteintes sexuelles commises par un majeur sur un mineur de moins de 15 ans sont punies de 10 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende.

Les délais de prescription

Viol sur une victime majeure : 20 ans à compter des faits.
Viol sur une victime mineure : 30 ans à compter de sa majorité. Ce délai peut être prolongé si l’auteur commet ensuite un nouveau viol ou une nouvelle agression sexuelle sur un autre mineur.
Agression sexuelle sur une victime majeure : 6 ans à compter des faits.
Agression sexuelle sur une victime mineure : 10 ans à compter de sa majorité, et 20 ans pour les faits les plus graves.

La procédure, de la plainte au procès

La plainte : elle peut être déposée dans un commissariat, une gendarmerie ou par courrier adressé au procureur de la République.
L’enquête : elle comporte en général l’audition de la victime, un examen médico-légal, le recueil de preuves matérielles et numériques, et l’audition de la personne mise en cause, souvent en garde à vue. Une confrontation peut être organisée.
L’information judiciaire : pour un viol, une information judiciaire est presque toujours ouverte. Le juge d’instruction ordonne notamment des expertises psychologiques et psychiatriques. La personne mise en examen peut être placée sous contrôle judiciaire ou en détention provisoire.
Le jugement : le viol est jugé par la cour criminelle départementale, composée de cinq magistrats, ou par la cour d’assises pour les cas les plus graves et en cas de récidive. L’agression sexuelle relève du tribunal correctionnel. À la demande de la victime, les débats peuvent se tenir à huis clos.

Il arrive qu’un viol soit poursuivi comme une agression sexuelle devant le tribunal correctionnel : on parle de correctionnalisation. Elle suppose que la victime, informée, ne s’y oppose pas.

Les droits de la victime

être assistée par un avocat dès le dépôt de plainte et pendant toute la procédure ;
se constituer partie civile pour demander réparation de son préjudice ;
demander le huis clos lors du procès ;
saisir la commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI), qui peut l’indemniser même lorsque l’auteur est insolvable.

Les droits de la personne mise en cause

La personne mise en cause est présumée innocente jusqu’à sa condamnation définitive. Elle bénéficie de l’assistance d’un avocat dès la garde à vue, du droit de se taire et, au stade de l’instruction, de l’accès au dossier par l’intermédiaire de son avocat. Elle peut demander des actes d’enquête, des expertises ou une confrontation, et contester la régularité de la procédure.

Le rôle de l’avocat

Le cabinet assiste aussi bien les personnes mises en cause que les victimes. Pour la défense, l’avocat intervient dès la garde à vue, analyse les éléments relatifs au consentement et la cohérence des déclarations, sollicite des actes d’instruction, discute les expertises et soulève les éventuelles nullités. Aux côtés de la victime, il prépare la plainte, l’accompagne lors des auditions et des confrontations, fait valoir ses droits de partie civile et chiffre son préjudice. Devant la cour criminelle départementale, la cour d’assises ou le tribunal correctionnel, il plaide en tenant compte de la sensibilité particulière de ces affaires.

Maître Jason ETELBERT intervient aux côtés des personnes mises en cause comme des victimes, dans le respect de la sensibilité propre à ces affaires.

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Questions fréquentes sur le viol et l’agression sexuelle

Qu’a changé la loi du 6 novembre 2025 ?

Elle définit le viol et les agressions sexuelles comme des actes sexuels non consentis et précise que le consentement doit être libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable. Le silence ou l’absence de réaction de la victime ne vaut pas consentement.

Le viol peut-il exister au sein d’un couple ?

Oui. Le viol et les agressions sexuelles sont constitués quelle que soit la nature des relations entre l’auteur et la victime, y compris entre époux. Le fait que l’auteur soit le conjoint ou le partenaire de la victime est même une circonstance aggravante.

Peut-on porter plainte longtemps après les faits ?

Oui, dans la limite des délais de prescription : 20 ans pour un viol sur une victime majeure, 30 ans à compter de la majorité pour un viol sur une victime mineure. Même lorsque les faits semblent prescrits, une plainte peut être utile, notamment si l’auteur a fait d’autres victimes.

Qui juge un viol ?

En principe la cour criminelle départementale, composée de cinq magistrats professionnels. La cour d’assises, avec des jurés, reste compétente pour les viols les plus graves et en cas de récidive.

Que risque une personne accusée d’agression sexuelle ?

Jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende, et jusqu’à 10 ans et 150 000 € en présence de circonstances aggravantes. S’y ajoutent des peines complémentaires et, en principe, une inscription au FIJAIS.

Faut-il un avocat lorsqu’on est accusé à tort ?

Oui, et le plus tôt possible. L’avocat assiste la personne dès la garde à vue, l’aide à présenter sa version des faits, demande les vérifications utiles et veille au respect de ses droits tout au long de la procédure.

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