Cabinet Etelbert
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CABINET ETELBERT

Meurtre/Assassinat

Domaine d’intervention

Meurtre / assassinat

Comprendre le meurtre et l’assassinat en droit pénal français

L’essentielMis à jour en octobre 2026
Meurtre
Fait de donner volontairement la mort à autrui, puni de trente ans de réclusion criminelle (article 221-1 du Code pénal).
Assassinat
Meurtre commis avec préméditation ou guet-apens, puni de la réclusion criminelle à perpétuité (article 221-3).
Juridiction
Cour d’assises.
Prescription
Vingt ans à compter des faits.

Le meurtre et l’assassinat sont des homicides volontaires : ils supposent l’intention de donner la mort. Ils figurent parmi les crimes les plus sévèrement punis par le Code pénal et sont jugés par la cour d’assises, au terme d’une information judiciaire souvent longue. La distinction entre les deux tient à la préméditation, qui fait encourir la réclusion criminelle à perpétuité.

Le meurtre

Selon l’article 221-1 du code pénal, le meurtre est le fait de donner volontairement la mort à autrui. Il est puni de 30 ans de réclusion criminelle. L’infraction suppose un acte ayant causé la mort et l’intention de tuer, que les juristes appellent l’animus necandi. La tentative de meurtre est punie des mêmes peines que le meurtre lui-même.

L’assassinat

L’assassinat est un meurtre commis avec préméditation ou guet-apens. Il est puni de la réclusion criminelle à perpétuité.

La préméditation : c’est le dessein formé avant l’action de commettre le crime. Elle se déduit d’éléments comme l’achat d’une arme, des repérages ou des messages préparatoires.
Le guet-apens : c’est le fait d’attendre la victime, pendant un temps plus ou moins long, dans un lieu déterminé pour commettre le crime.

Les circonstances aggravantes du meurtre

Le meurtre est puni de la réclusion criminelle à perpétuité lorsqu’il est commis notamment :

sur un mineur de moins de 15 ans ;
sur un ascendant, ou sur le conjoint, le concubin ou le partenaire de PACS, y compris ancien ;
sur une personne particulièrement vulnérable en raison de son âge, d’une maladie, d’une infirmité ou d’un état de grossesse ;
sur un magistrat, un policier, un gendarme ou toute personne dépositaire de l’autorité publique, en raison de ses fonctions ;
sur un témoin ou une victime pour l’empêcher de dénoncer les faits ou de témoigner ;
en raison de l’origine, de la religion, du sexe ou de l’orientation sexuelle de la victime ;
en bande organisée, ou lorsqu’il précède, accompagne ou suit un autre crime.

La distinction avec d’autres infractions

Les violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner : l’auteur a voulu frapper, mais pas tuer. Elles sont punies de 15 ans de réclusion criminelle, et de 20 ans en cas de circonstances aggravantes.
L’homicide involontaire : la mort résulte d’une maladresse, d’une imprudence ou d’un manquement à une obligation de sécurité. C’est un délit, jugé par le tribunal correctionnel.

La qualification retenue a des conséquences considérables sur la peine encourue. L’intention de tuer est donc souvent au cœur des débats.

La procédure

L’enquête et l’instruction : une information judiciaire est obligatoire. Le juge d’instruction ordonne des expertises médico-légales, balistiques, génétiques et psychiatriques, ainsi que des auditions et des reconstitutions. La personne mise en examen est très souvent placée en détention provisoire.
Le jugement : le meurtre et l’assassinat sont jugés par la cour d’assises, composée de magistrats et de jurés tirés au sort. Lorsqu’ils sont commis en bande organisée, ils peuvent relever d’une cour d’assises spécialement composée de magistrats professionnels.
L’appel : la décision de la cour d’assises peut faire l’objet d’un appel devant une autre cour d’assises, composée d’un plus grand nombre de jurés.

La période de sûreté

Une condamnation à 30 ans ou à la réclusion criminelle à perpétuité s’accompagne d’une période de sûreté, pendant laquelle aucun aménagement de peine ni aucune libération conditionnelle n’est possible. Elle est en principe de la moitié de la peine, et de 18 ans pour la perpétuité. La cour d’assises peut la porter jusqu’à 22 ans, et même, pour certains meurtres et assassinats commis sur un mineur de moins de 15 ans ou sur une personne dépositaire de l’autorité publique, décider qu’aucune mesure d’aménagement ne pourra être accordée.

La prescription

L’action publique se prescrit par 20 ans à compter des faits. Lorsque la victime est mineure, ce délai est porté à 30 ans à compter de sa majorité.

Les moyens de défense

contester l’intention de tuer, pour obtenir une requalification en violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ;
contester la préméditation, pour écarter la qualification d’assassinat ;
invoquer la légitime défense, lorsque l’acte était nécessaire et proportionné à une agression injustifiée ;
faire valoir un trouble psychique ou neuropsychique : s’il a aboli le discernement, il entraîne l’irresponsabilité pénale ; s’il l’a seulement altéré, il conduit à une réduction de la peine ;
discuter les expertises, les éléments matériels et la régularité de la procédure.

Le rôle de l’avocat

Dans une affaire criminelle, l’avocat intervient dès la garde à vue et pendant toute l’instruction : il assiste aux interrogatoires, demande des actes et des contre-expertises, conteste les irrégularités et plaide contre la détention provisoire. Devant la cour d’assises, il prépare l’audience avec l’accusé, interroge les témoins et les experts, et plaide sur la qualification des faits comme sur la peine. Le cabinet assiste également les familles de victimes, constituées parties civiles.

Maître Jason ETELBERT intervient dans les affaires criminelles, de la garde à vue jusqu’à l’audience devant la cour d’assises.

Se défendre

Questions fréquentes sur le meurtre et l’assassinat

Quelle est la différence entre meurtre et assassinat ?

Le meurtre est le fait de donner volontairement la mort. L’assassinat est un meurtre commis avec préméditation ou guet-apens. Le premier est puni de 30 ans de réclusion criminelle, le second de la réclusion criminelle à perpétuité.

Quelle peine pour une tentative de meurtre ?

La même que pour le meurtre : 30 ans de réclusion criminelle, et la perpétuité en cas de circonstances aggravantes ou de préméditation.

Qui juge un meurtre ?

La cour d’assises, composée de magistrats professionnels et de jurés tirés au sort. L’appel est porté devant une autre cour d’assises.

Que se passe-t-il si l’auteur n’avait pas l’intention de tuer ?

Les faits peuvent être requalifiés en violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, punies de 15 ans de réclusion criminelle, ou de 20 ans en cas de circonstances aggravantes.

La légitime défense peut-elle être retenue ?

Oui, si l’acte a été accompli pour repousser une agression injustifiée, au même moment, et s’il était nécessaire et proportionné. La personne est alors déclarée pénalement irresponsable.

Le meurtre est-il imprescriptible ?

Non. L’action publique se prescrit par 20 ans à compter des faits, et par 30 ans à compter de la majorité de la victime lorsque celle-ci était mineure. Seuls les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles.

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